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Les majors du disque commencent à se ranger aux arguments des associations de consommateurs

29/01/09 - INC Hebdo n°1505

L’industrie musicale annonce la fin des verrous numériques protégeant les fichiers vendus en ligne – mais l’UFC-Que choisir et la CLCV jugent encore leurs offres chères et peu attractives.

Depuis que les consommateurs ont pris l’habitude de télécharger de la musique sur Internet, les grandes maisons de disques se cherchent un nouveau modèle économique. Problème : les particuliers et certains artistes trouvent un intérêt toujours grandissant à contourner le circuit classique. Les premiers parce qu’ils peuvent écouter et télécharger de la musique sur des sites “communautaires” comme MySpace, MyMajorCompany, Deezer ou Airtist ; les seconds parce qu’ils peuvent se faire connaître grâce au “bouche-à-oreille” sur Internet, puis remplir des salles de concert, voire vendre des CD…

Baladeurs incompatibles
Aujourd’hui, au tournant de leur histoire économique, d’importantes majors annoncent la fin des mesures techniques de protection (“DRM” en anglais) qu’elles plaçaient depuis des années sur les fichiers vendus en ligne – et qui empêchent, par exemple, d’écouter sur le baladeur iPod d’Apple un morceau téléchargé sur Sony Music (cf. INC Hebdo n° 1421). EMI Music avait franchi le pas dès le printemps 2007. Dans les semaines à venir, ce sera au tour d’Apple, leader de la vente en ligne de musique grâce à sa plateforme iTunes ; mais aussi de Warner Music, d’Universal Music et de Sony Music. En théorie, les amateurs de musique pourront donc acheter des morceaux sur ces sites et les transférer sur n’importe quel appareil. Même si, en pratique, certains formats de fichiers devront être convertis à l’aide d’un ordinateur avant de pouvoir être écoutés sur un baladeur non compatible.

L’Union fédérale des consommateurs (UFC-Que choisir) et Consommation, logement et cadre de vie (CLCV), qui réclamaient cette suppression des DRM, ne sont pas entièrement satisfaites. Selon les deux associations, l’offre légale n’est pas assez attractive pour les consommateurs, notamment en raison des prix élevés des morceaux téléchargeables – entre 0,69 et 1,29 euros l’unité. Elles critiquent aussi les forfaits de téléchargement de musique créés par certains opérateurs télécoms comme SFR ou Orange. «Le jour où l’internaute met fin à son contrat, il ne peut plus écouter certains morceaux parce que les fournisseurs ne cèdent pas entièrement les droits», regrette Frédérique Pfrunder, chargée de mission à la CLCV.

L’association relance aussi la question de la licence globale, qui permettrait de légaliser les échanges de fichiers entre internautes (“peer to peer”) et de rémunérer justement les artistes. Ce système avait été adopté puis abandonné par les députés lors des débats autour du texte devenu la loi du 1er août 2006 (cf. INC Hebdo n°s 1347 et 1380). Le vent politique ne souffle plus du tout dans ce sens : la loi devrait bientôt créer le système de “riposte graduée” contre le téléchargement illégal (cf. INC Hebdo n° 1495). Les associations rappellent leur opposition à ce projet : «Il passe à côté des enjeux actuels», soupire la CLCV.


> Plus d’info :
A lire aussi, sur Conso.net, deux articles d’Eco89  sur l’avenir de l’industrie musicale à l’heure du Net :  /page/bases.1_actualites.8_les_news_d_eco89./